Les Anciennes
Obligations des
Maçons
Francs et Acceptés
première
Édition du Livre des Constitutions, le 25 mars 1722
TÊTES
DE CHAPITRES
à savoir :
I.
De DIEU et la RELIGION
Un
maçon est obligé, de par sa tenure, d'obéir à
la loi morale. S'il entend bien l'Art, il ne sera jamais un athée
stupide ni un libertin irréligieux. Si, dans les temps anciens,
les maçons étaient obligés, en tous les pays, de
suivre la religion de ce pays ou de cette nation, on juge plus commode
de nos jours de ne les obliger qu'envers la religion sur laquelle tous
les hommes se mettent d'accord, laissant à chacun la liberté
de ses opinions personnelles. Cette religion consiste à être
hommes de bien et sincères, hommes d'honneur et de probité,
quelles que soient les dénominations ou les croyances qui puissent
les distinguer.
Ce en quoi la maçonnerie devient le Centre de l'Union et le moyen
de réunir, par une vraie amitié, des gens qui sans elle
seraient à jamais restés étrangers.

II.
Du MAGISTRAT CIVIL, SUPRÊME et ORDONNÉ
Un
maçon est un sujet paisible, qui respecte le pouvoir civil, dans
quelque lieu qu'il réside ou travaille. Il ne doit jamais s'impliquer
dans des conspirations ou des complots contre la paix et le bonheur
de la nation. Il ne se conduira pas de manière irrespectueuse
envers l'autorité inférieure. La guerre, l'effusion de
sang et la confusion ont été fort néfastes à
la maçonnerie. C'est pourquoi les rois et les princes ont toujours
été bien disposés envers les membres de la confrérie,
tant pour leur loyauté que pour leurs mœurs pacifiques.
C'est ainsi qu'ils répondaient aux attaques de leurs adversaires
et qu'ils élevèrent l'honneur de la fraternité
qui en temps de paix toujours prospéra.
Si un frère venait à se rebeller contre l'Etat, il ne
sera pas soutenu dans son action. On peut avoir pitié de lui,
comme d'un malheureux. S'il n'est convaincu d'aucun autre crime, bien
que la confrérie se doive de désavouer sa rébellion
pour ne pas craindre ombrage ou mécontentement du gouvernement,
il ne sera pas banni de la loge, ses liens avec elle étant indestructibles.

III.
Des LOGES
Une
loge est un endroit où des maçons se réunissent
pour travailler. Ainsi, cette assemblée ou société,
dûment constituée de maçons, est appelée
loge. Chaque frère doit être membre d'une loge, se soumettre
à son règlement intérieur et aux règlements
généraux.
Une loge est particulière ou générale. L'assiduité
aux travaux et les règlements de la loge générale
ou Grande Loge, en annexe ci-après, permettent de mieux comprendre
mon propos.
Dans le temps, ni les Maîtres ni les Compagnons ne pouvaient s'abstenir
d'y assister, surtout ils avaient été dûment convoqués,
sans encourir un blâme sévère à moins qu'ils
présentassent un motif valable à leur absence au Maître
et aux Surveillants.
Les personnes admises en tant que membres d'une loge doivent être
des hommes bons et sincères, nés libres, d'âge mûr
et pleins de sagesse, ni esclaves, ni femmes, ni hommes immoraux ou
de scandale, des hommes de bonne réputation.

IV.
Des MAITRES, SURVEILLANTS, COMPAGNONS et APPRENTIS
Tout
avancement, parmi les maçons, ne se fonde que sur la valeur et
le mérite personnel, afin que les seigneurs soient correctement
servis, que les frères n'aient point honte et que le métier
ne soit pas sali ou méprisé.
Nul Maître ou Surveillant ne sera choisi pour son ancienneté,
mais seulement pour son mérite. Préciser toutes ces choses
par écrit est impossible, mais l'on peut dire que chaque frère
doit être présent à la place où il doit être
et apprendre selon la méthode propre à la maçonnerie.
Il faut que les candidats sachent que jamais un Maître ne prendra
d'Apprenti s'il n'a pas suffisamment de travail à lui donner
et s'il n'est pas un jeune homme complet, exempt de difformités
ou de tares physiques qui le rendent incapables de s'instruire dans
l'Art, de servir le seigneur de son maître, d'être fait
frère, puis, quand le temps sera venu, Compagnon, après
avoir accompli son temps dans les conditions fixées par les usages
du pays. Il devra en outre être issu de parents honorables, afin
que s'il en est jugé digne, il puisse avoir l'honneur d'être
Surveillant, puis maître de la loge, Grand Surveillant, et même
Grand Maître de toutes les loges, s'il en a le mérite.
Nul frère ne peut être nommé Surveillant s'il n'a
été Compagnon, ni Maître s'il n'a été
Surveillant, ni Grand Surveillant s'il n'a été Maître
d'une loge, ni Grand Maître s'il n'a été Compagnon
avant son élection. Il doit être de noble naissance ou
homme de bien ou érudit éclairé ou talentueux architecte
ou tout autre artiste issu de parents honorables, et ayant par ses mérites
l'estime des loges.
Pour aider le Grand Maître dans sa tâche, dans l'accomplissement
des devoirs de son office, il lui a été accordé
le pouvoir de choisir lui-même son Député Grand
Maître, lequel doit être ou avoir été Maître
d'une loge particulière. Il a pour privilège de faire
comme le Grand Maître son supérieur agirait, à moins
qu'il ne soit présent ou ne dicte sa volonté par écrit.
Ces maîtres et ces gouverneurs suprêmes et subordonnés
de l'ancienne loge seront obéis dans leurs postes respectifs
par tous les frères, ainsi qu'il est dit dans les Anciens Devoirs
et Règlements, avec humilité, respect, amour et dévouement.

V.
Des particularités du METIER
Les
maçons travailleront honnêtement les jours ouvrables, afin
de pouvoir vivre convenablement les jours chômés. Sera
respecté le temps prescrit par la loi du pays ou confirmé
par les usages.
Le plus expert des Compagnons sera élu ou nommé Maître
ou Inspecteur des travaux du seigneur. Ceux qui seront Employés
sous ses ordres l'appelleront Maître. Les ouvriers se doivent
d'éviter toute parole grossière, de ne pas s'interpeller
par des mots désobligeants, mais de s'appeler frère ou
compagnon. Qu'ils se comportent courtoisement, tant en loge qu'en dehors
de la loge.
Le Maître certain de sa compétence réalisera les
travaux du seigneur avec raison et emploiera les matériaux comme
s'ils étaient les siens propres. Il ne donnera à aucun
Compagnon ou Apprenti salaire qui ne serait point mérité.
Le Maître et les maçons recevront leur juste paie et seront
loyaux envers celui qui les emploie, exécuteront honnêtement
leur ouvrage, à la tâche ou à la journée,
et ne prendront pas à la tâche ce qui se fait à
la journée.
Que nul n'envie la prospérité d'un frère, ne vise
à le supplanter ou à l'évincer s'il est capable
de mener à bien le travail, car nul ne peut achever l'ouvrage
entrepris par autrui sans léser le seigneur, à moins qu'il
ait parfaite connaissance des plans et épures de celui qui a
commencé les travaux.
Quand un Compagnon sera choisi comme Surveillant des travaux, en dessous
du Maître, il se montrera franc et loyal à l'égard
du Maître et des Compagnons, surveillera avec attention l'avancement
des travaux en l'absence du Maître et ses frères lui obéiront.
Les maçons recevront leur salaire sagement, sans murmurer ni
se révolter, et ne quitteront pas le Maître tant que l'ouvrage
ne sera pas terminé.
Le jeune frère sera instruit dans le travail afin qu'il ne gâche
point les matériaux par son inexpérience. Ainsi grandira
l'amour fraternel.
Tous les outils utilisés pour le travail seront l'objet d'une
approbation de la Grande Loge.
Jamais manœuvre ne sera employé au travail proprement dit,
de même les francs-maçons n' œuvreront pas avec ceux
qui ne sont pas libres, sauf en cas de véritable nécessité.
Ils n'enseigneront les manœuvres ni les maçons non Acceptés,
comme ils enseigneraient un frère ou un Compagnon.

VI.
De la CONDUITE dans le METIER,
à savoir:
1
- Quand la loge est formée
Il ne faut point former de groupes ou avoir de conversations trop personnelles
sans l'autorisation du Maître, dire des choses impertinentes ou
inconvenantes. Interrompre le Maître ou les Surveillants ou un
frère s'adressant au Maître. Se conduire de manière
ridicule et plaisanter quand la loge œuvre sur un sujet sérieux
et solennel. Nul prétexte ne peut excuser l'usage d'un langage
vulgaire et malséant.
A votre Maître, à vos Surveillants et à vos frères,
vous devez respect et déférence.
Si plainte est formulée, le frère reconnu coupable se
soumettra docilement au jugement et à la décision de la
loge, dont les membres sont suffisamment compétents pour peser
pareille affaire. La Grande Loge peut être saisie, à moins
que cela retarde le travail, auquel cas une procédure spéciale
peut être ordonnée.
Jamais n'allez devant la justice en ce qui concerne la maçonnerie
tant que la loge n'en a pas reconnu l'absolue nécessité.
2
- Après la Tenue quand les frères ne sont pas sortis
On peut à ce moment, s'amuser gaiement et innocemment, traitant
l'un et l'autre selon ses moyens. Mais il faut éviter tout excès.
Ne forcez pas un frère à boire ou à manger plus
qu'il ne le désire et s'il veut se retirer, si le devoir l'appelle,
ne faites ni ne dites rien qui puisse le blesser ou qui puisse interdire
une conversation libre et paisible. Cela romprait notre harmonie et
nuirait à nos louables souhaits.
On peut le dire, l'animosité ou les querelles personnelles ne
doivent pas franchir la Porte de la loge. Encore moins les querelles
politiques, religieuses ou nationales. En tant que maçons, nous
sommes de la religion universelle dont nous venons de parler. Nous sommes
de toute nation, de tout idiome, de toute parenté et de tout
cœur contre toute politique. La politique n'a jamais contribué
au bien-être de la loge, et jamais elle ne pourra y contribuer.
Cette obligation a été strictement imposée et respectée,
surtout depuis la Réforme en Grande-Bretagne ou la sécession
d'avec Rome.
3
- Quand des frères se rencontrent, sans étranger, mais
hors la loge
Vous devez vous saluer courtoisement, ainsi qu'on vous l'a appris, vous
appelant mutuellement frère, et vous vous instruirez l'un l'autre,
à moins que l'on puisse vous observer ou que vous puissiez être
entendus, sans abuser d'un de l'autre et sans manquer au respect qui
est dû à tout frère, même s'il n'est point
maçon. Tous les maçons sont frères et sur un même
niveau. La maçonnerie n'ôte point cependant les honneurs
dont il jouissait avant. Bien au contraire, elle ajoute à ces
honneurs, surtout s'il a mérité de la confrérie
qui se fait un devoir d'honorer ceux qui le méritent et d'éviter
les mauvaises manières.
4
- Quand sont présents des étrangers non maçons
Vous serez prudents dans vos paroles et dans votre maintien afin que
l'étranger le plus perspicace ne puisse découvrir ou deviner
ce qu'il n'a pas à savoir. Parfois, il vous faudra détourner
la conversation et la mener avec prudence, ceci pour l'honneur de notre
respectable fraternité.

5
- Chez soi et dans le voisinage
Vous aurez à cœur de vous conduire avec morale et sagesse,
de ne pas divulguer à votre famille, à vos amis et à
vos voisins ce qui concerne la loge... Sagement, pensez à votre
honneur et à celui de la confrérie, ce pour des raisons
que nous tairons ici.
Veillez à votre santé et ne demeurez pas trop longtemps
loin de chez vous après les travaux de loge, gardez-vous de l'ivresse
et de la gloutonnerie, pour que votre famille ne soit ni lésée
ni détruite si vous êtes dans l'incapacité de travailler.

6
- Envers un FRERE étranger
Il faudra le questionner avec maintes précautions, votre prudence
vous dictera la manière de procéder, pour que vous ne vous
laissiez pas berner par un ignorant imposteur, que vous devez rejeter
avec mépris et dérision. Veillez à ne pas lui communiquer
le moindre renseignement.
Si vous avez la certitude qu'il s'agit là d'un frère, vrai
et authentique, vous devez le traiter avec respect. S'il est dans le besoin,
vous le secourrez, si vous le pouvez, ou bien vous lui indiquerez comment
obtenir de l'aide. Vous l'emploierez quelques jours ou vous le recommanderez
pour un autre travail. Vous n'êtes point obligé de faire
plus que vos moyens le permettent, mais donnez la préférence
à un frère pauvre, homme brave et sincère, plutôt
qu'à toute autre personne profane dans la même situation.
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