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L'être |
"Chacun
s'efforce d'apprendre ce qu'il ne connaît pas, mais
il ne cherche pas à approfondir ce qu'il connaît
déjà. Chacun critique chez les autres ce
qui le dépasse, mais se garde de juger le peu dont
il est capable.
C'est de là que vient le grand désordre.
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| Dans
la société d'aujourd'hui, dans l'effondrement des
valeurs morales et des croyances, les choses de l'esprit sont
chassées de la vie intellectuelle et sociale pour donner
la suprématie à la matière. Il en résulte
un vide existentiel, remplacé par le règne de l'égoïsme,
de l'ambition et du fanatisme qui s'opposent à tout progrès
spirituel. |
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| On
peut se résigner à vivre toute son existence dans
ce que l'on a pris l'habitude de supporter comme une fatalité,
avec des émotions conflictuelles, des angoisses, des peurs,
un mal-être fréquent sinon permanent. |
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On
peut aussi éprouver l'envie d'un changement qui nous procurerait
un bonheur plus durable et plus stable que les satisfactions et
les plaisirs que nous connaissons habituellement car ces satisfactions
et ces plaisirs sont toujours de courte durée, même
quand ils sont intenses, en raison d'un grand nombre de contrariétés
qui viennent rapidement le troubler.
Notre aspiration à un mieux-être, que le
seul progrès matériel n'est plus suffisant à
satisfaire, cache une aspiration spirituelle inconsciente qui
nous permettrait de transformer notre destin en destinée. |
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L'envie
que nous avons eue quelquefois de changer de vie n'a jamais été
suivie d'effet parce que nous sommes persuadés que les
causes de nos contrariétés diverses proviennent
d'un monde extérieur auquel nous ne pouvons pas échapper,
et nous retombons dans le piège de la fatalité.
Alors à quoi bon ? |
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Pourtant,
nous gardons en nous le rêve d'un monde réenchanté
où nous supporterions mieux les difficultés de la
vie, en étant plus sereins, moins prisonniers de nos conditionnements
et de la matérialité de notre existence, en un mot
plus en harmonie avec nous-mêmes et avec les autres. |
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Un
monde où nous donnerions un sens nouveau à la vie
en accordant plus de place au domaine spirituel, qui nous libérerait
un peu de l'emprise du domaine matériel. |
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Lorsque
l'on parle de spiritualité, beaucoup éprouvent des
appréhensions, de peur que cela ne nous oblige à
lâcher tout ce à quoi nous tenons le plus, et nous
ne nous sentons pas prêts pour une vie de renoncement, de
contemplation ou de béatitude mystique. |
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Il
existe pourtant des voies spirituelles qui peuvent se vivre quotidiennement
dans une vie familiale et dans l'exercice d'un métier ou
d'une profession et, parmi celles-ci, la Franc-maçonnerie
en est une qui, sans prétendre être la seule, correspond
à notre temps. |
F. Ducluzeau
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